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  • Sophie

Fatiguée

Je ne sais pas si c’est plus dur avec des jumeaux, je ne connais que ça.

Quand on me demande si je ne suis « pas trop fatiguée ?» je réponds toujours que non, ça va. Je ne veux pas saouler les gens en expliquant que oui et en expliquant à quoi est due la fatigue du moment, mais en rassurant sur le fait que ça va quand même.

En réalité : je suis tout le temps fatiguée. J’ai chroniquement du mal à me lever et parfois même à me coucher. Et ça fait 18 mois que ça dure. Il y a des hauts et des bas: j’ai connu des moments où j’étais incapable de fonctionner. Et il y a des jours où j’ai une pêche d’enfer. Mais je suis toujours fatiguée.

Il n’y a pas que des stades différents de fatigue, il y a aussi plusieurs sortes de fatigue.

Il y a la fatigue qui fait suite à une nuit compliquée. En général, un bébé est malade, il s’est réveillé au milieu de la nuit avec de la fièvre, une couche qui a explosé ou une autre réjouissance. Le temps de le sortir de son lit, le câliner/rassurer, le changer si c’est nécessaire, changer les draps, administrer le médicament ... et de le recoucher: c’est entre 10 minutes (petit cauchemar de rien du tout) a 1h. Et quand le réveil sonne le lendemain matin, ça pique. Je négocie avec moi-même : si je ne me maquille pas je peux dormir 2 minutes de plus... sauf que ce sont des circonstances où j’ai encore plus besoin de maquillage. Et si je fais vite sous la douche, je peux gagner quelques minutes de plus. Sauf que j’ai besoin de la douche pour me réveiller. Etc. Pour cette catégorie de fatigue, il faut du café, de la vitamine C et de la nourriture de réconfort. Rien n’est interdit: pain au chocolat, café Starbucks, bonbons... il faut juste tenir.





Il y a la fatigue liée à une usure nerveuse. Un bébé qui a crié toute la journée. Un repas particulièrement dévastateur avec de la nourriture qui se retrouve au plafond et aux murs. Pour moi c’est la plus dure. Résister à l’envie de crier, de claquer la porte, et de pleurer. Et je n’ai pas de solution pour la chasser. Je tente juste de ne pas hurler sur quelqu’un qui n’y peut rien, mais parfois c’est impossible.

Et il faut admettre aussi qu’on apprend à mieux gérer. A mieux vivre avec. A prévenir les gens que ça n’est pas le bon jour pour discuter de sujets compliqués ... À se pomponner pour que les yeux aient l’air moins cernés, la peau moins froissée, les cheveux plus brillants ... Je m’améliore.


Et il y a aussi la bonne fatigue. Celle que je ressent après une bonne journée, avec un sortie au parc, des histoires, de la bonne humeur, des petits moments de grâce... et dans ces moments-là, je sais que c’est mièvre, mais je me dis que je me reposerai quand ils seront grands.

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