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  • Sophie

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Mis à jour : 4 déc. 2019

Comme beaucoup, je me suis toujours imaginée avoir des enfants. Un jour. Comme tout le monde ou presque, j'imaginais rencontrer le prince charmant, pour vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants. Mon conte de fées a été très différent d'un Disney...




L'histoire de ma famille n'est pas un secret. Ce n'est pas non plus la première chose que je raconte quand je me présente. Mais en cette période où on va discuter de lois qui autoriseraient la PMA pour toutes en France, je pense qu'il n'est pas inutile de raconter mon parcours. Ceux qui sont contre ... le resteront probablement. Celles qui hésitent auront un témoignage.



Il y avait beaucoup d'arguments "contre", beaucoup de doutes... mais j'avais la certitude que je ne me le pardonnerai pas si je n'essayais pas.

Comme (presque) tout le monde, je m'imaginais fonder une famille avec un mari drôle et charmant. Malheureusement, comme beaucoup d'autres de ma génération, je commençais à croire que je n'allais pas y arriver. Dans mon cas, ce n'était pas à cause de mon col, de mes ovaires ou de spermatozoïdes flemmards. Je n'ai juste pas trouvé de papa. Rassurez-vous: j'ai eu des histoires d'amour, j'ai vécu des relations longues mais pour diverses raisons que je ne vais pas détailler, je n'ai pas rencontré le père de mes enfants.


La métamorphose

Le problème quand on a 35 ans et qu'on vient de se séparer, c'est qu'on se surprend à faire le rétroplanning de la construction de sa famille.

Dans mon cas, ça donnait ça: "

Si je rencontre quelqu'un :

- le temps de me rendre compte si c'est peut-être le futur père de mes enfants : 6 mois si je me presse

- le temps de tomber enceinte, passé 35 ans après quasiment 20 ans de pilule: disons 9 mois si je suis optimiste

- une grossesse: 9 mois

Bref: l'incompressible, c'est 2 ans. Et ça c'est une fois Prince Charmant trouvé et tombé sous mon charme."

C'est là qu'arrive la "métamorphose". Le moment où cette idée prend le dessus sur tout le reste et je suis devenue obsédée par mon désir d'enfant, comme un second rôle un peu pathétique dans une comédie romantique.


La décision

Il me faut du temps. En congelant mes ovocytes, je gommais mon "délai de péremption" de l'équation. Je prends donc contact avec une clinique espagnole car c'est impossible en France, et je passe toute une série d'examens. Rendez-vous est pris, je prends l'avion pour Barcelone. Je m'installe et le médecin m'explique dans un français parfait que je ne suis pas une bonne candidate pour la congélation. Ma réserve ovarienne est trop basse. Cela signifie que je peux probablement tomber enceinte avec un partenaire ou un donneur, mais que je ne peux pas prélever suffisamment d'ovocytes pour envisager une congélation ou un process de FIV. La nouvelle est dure à entendre. Je me sens vieille, nulle, hors service, alors que je n'ai que 36 ans.

Je prends conscience qu'il ne me reste pas beaucoup de temps. Si je veux un enfant, c'est dans les tous prochains mois. Alors je réfléchis, je fais des listes de "pour" & "contre". Et pour être honnête, il y a beaucoup plus d'arguments "contre"... mais j'ai la certitude que je ne me le pardonnerai pas si je n'essayais pas. Alors je vais essayer de faire un bébé toute seule.


Statistiques

Je tente 5 fois maximum. Il y a 21% de chances de succès au 1er essai.

En cas de grossesse, j'avais 5,8% de chance d'avoir des jumeaux.

1,218% de chance donc.


J'ai gagné au loto.


Vous pouvez aussi retrouver mon histoire sur le site de Femme Actuelle ici

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